> L'OLIGOCENE DE PROVENCE: LA FLORE

Les calcaires lacustres de Celony ont livré un matériel abondant à Gaston de Saporta. En 1879 il écrit dans « le monde des plantes avant l’Homme » :


« Au bord du lac d’Aix se pressait une foule de conifères : pins de petite taille, thuyas africains, genévriers; parmi les formes devenues exotiques, et associées aux conifères sur les rives du lac, on remarque : les palmiers éventails aux feuilles de 1,5 m, les dragonniers qui ne vivent aujourd’hui qu’aux Canaries et les bananiers. D’autres formes aujourd’hui disparues méritent l’attention : lauriers, camphriers, canneliers. En avançant plus loin à l’intérieur des terres, on se serait trouvé en présence d’une région boisée analogue à celles d'Afrique centrale : les acacias y dominaient. 
D’autres espèces forestières nous sont connues par des débris très rares : aulnes, bouleaux, charmes, chênes, saules, peupliers, ormes, érables, frênes, assez peu éloignés de ceux qui vivent dans notre pays. Enfin les eaux étaient peuplées de plantes aquatiques comme les potamots et les nénuphars dont les fleurs s’étalaient à la surface de l’onde. Des roseaux, des massettes, des joncs, de frêles graminées et des mousses complétaient cet ensemble."

> PALEOBOTANIQUE

Les végétaux (feuilles, fleurs, graines, brindilles) sont arrivés dans des lacs par l'action du vent et des rivières, et une fois entraînés au fond de l'eau ont été recouverts de sédiment. Celui ci, très fin, les as protégés de la destruction et a permis leur conservation pendant 35 millions d'années. Il y a un très grand nombre d'espèces en effet puisque près de 500 ont été dénombrées. Certaines plantes vivent encore en France, comme l'Aulne, le Frêne, le Pin, le Chêne... Par contre ne se trouvent aujourd'hui que dans les pays tropicaux (palmiers, Acacia) et en Asie (camphriers, très courants dans les  gisements).

La flore s'organiser en cercles concentriques autour des lacs: d'abord des plantes aquatiques (algues, roseaux, nénuphars), en bordure des palmiers et une flore tropicale, puis en s'éloignant des arbres plus résistants à l'aridité comme les arbustes et les pins).

> GASTON DE SAPORTA

Grâce à lui la flore des gisements de l'Oligocène de Provence a été étudiée, et ce dès la fin du XIXe siècle. Alors qu'il parcourait la Provence à la recherche de plantes pour sa passion pour la botanique, il trouva en vente chez un antiquaire des feuilles imprimées dans la pierre, c'est à dire des fossiles de plantes venant des plâtrières d'Aix. Depuis cet instant il étudia les gisements et put récolter des centaines d'espèces différentes qu'il décrivit dans des ouvrages.

 

> LES FLEURS

Diospyros sp

Aussi appelé Kaki ou Plaqueminier, Diospyros est de la famille des Ebenacées. Le feuillage est caduc, jaune à rouge en automne, et les pieds femelles produisent des fruits.

Ci contre, une planche de De Saporta montrant des fleurs et fruits de Diospyros.

Les organes reproducteurs de Diospyros sont fossilisés en assez grand nombre, mais ils ne peuvent pas être rapprochés des feuilles : ils sont donc étudiés séparément. La plupart des calices appartiennent à une même espèce d'aspect rugueux, D. rugosa, mais il existe quelques autres espèces. A Aix la majorité des calices sont pentamènes (5 pétales) alors qu'aujourd'hui la plupart des Diospyros en ont 4 ou 6.

Etrangement, on retrouve plus de fleurs que de feuilles. En fait les feuilles et les fleurs ne tombaient pas au même moment: ce qui fait que les conditions de fossilisation différaient, et il se trouve de façon plus favorable pour les fleurs. Ci dessous fleurs fossiles de Diospyros kaki.

 

 

 

Fleurs indéterminées

Rameau floral de Cinnamomum

Le rameau est composé de petites branches et de fruits et fleurs

 

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